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Un tramway circulant dans une rue arborée de Nantes en automne.

À Nantes, les trajets du quotidien changent de cap: ce qu’il faut retenir

Par la rédaction de halleofsport.fr

À Nantes Métropole, les habitants effectuent désormais 3,4 déplacements par jour et par personne, contre 4,1 lors de la précédente grande enquête de 2015. Ce recul ne dit pas seulement que l’on circule moins : il montre aussi que les arbitrages du quotidien ont changé, entre télétravail, coûts de transport, achats en ligne, marche, vélo et usage plus sélectif de la voiture.

L’enquête EMC2 2025, menée en Loire-Atlantique entre septembre 2024 et mars 2025, offre une photographie rare des mobilités locales. Elle porte sur 24 543 habitants de plus de 5 ans, dans les 207 communes du département, avec une méthode nationale définie par le Cerema.

Les chiffres qui redessinent les trajets

Indicateur Évolution observée
Déplacements quotidiens en Loire-Atlantique 4 par personne en 2015, 3,5 en 2025
Déplacements quotidiens à Nantes Métropole 4,1 par personne en 2015, 3,4 en 2025
Part de la voiture en Loire-Atlantique 67 % en 2015, 60,5 % en 2025
Vélo en Loire-Atlantique 2,5 % des déplacements en 2015, 4,5 % en 2025
Marche en Loire-Atlantique 21 % en 2015, 24 % en 2025
Transports collectifs en Loire-Atlantique 9,5 % en 2015, 10,5 % en 2025

Ces données décrivent une tendance, pas une disparition de la voiture. L’automobile reste très présente, notamment pour aller travailler et pour certains motifs personnels comme la santé ou les démarches administratives.

Mais la baisse est suffisamment nette pour peser sur les décisions publiques. À Nantes Métropole, la voiture solo représente 38 % des déplacements en 2025, contre 43 % dix ans plus tôt. Le nombre moyen de voitures par ménage recule aussi, de 1,21 à 1,10.

La voiture recule, sans disparaître des besoins quotidiens

La diminution de l’usage automobile ne se limite pas au centre de Nantes. Selon Simon Citeau, vice-président de Nantes Métropole délégué aux déplacements, la baisse se lit aussi en volume : moins de personnes circulent en voiture et moins de véhicules sont présents sur les routes.

À Nantes, les trajets du quotidien changent de cap: ce qu'il faut retenir

Le covoiturage, en revanche, ne suit pas la trajectoire espérée. À l’échelle départementale, les déplacements réalisés en voiture comme passager baissent de 14 % à 12 %. Les voies réservées et les lignes de covoiturage sont donc citées comme des leviers à réexaminer, sans que l’enquête ne permette à elle seule de dire quelle mesure serait la plus efficace.

Vélo et marche gagnent du terrain dans la métropole

Le vélo est l’un des marqueurs les plus visibles de l’enquête EMC2 2025. En Loire-Atlantique, sa part modale passe de 2,5 % à 4,5 % en dix ans. À Nantes Métropole, elle grimpe de 3 % à 7 %, et atteint 9 % à l’intérieur du périphérique.

L’usage n’est pas seulement plus fréquent : les trajets s’allongent légèrement, de 2,8 km à 3,4 km en moyenne. Les 25-64 ans concentrent désormais 68 % des cyclistes, contre 55 % en 2015.

La marche progresse elle aussi. Elle représente 29 % des déplacements dans Nantes Métropole et près de 4 déplacements sur 10 dans la seule ville de Nantes. Dans la ville-centre, elle devient ainsi le premier mode de déplacement.

Un chiffre garde une portée très concrète pour les rues de quartier : environ un quart des déplacements quotidiens font moins d’un kilomètre. Pourtant, 30 % de ces trajets très courts sont encore réalisés en voiture.

À Nantes, les trajets du quotidien changent de cap: ce qu'il faut retenir

Télétravail, budget et numérique pèsent sur les habitudes

Pour Laurent Fouin, directeur de l’Auran, la baisse du nombre de déplacements ne s’explique pas uniquement par les travaux ou par les difficultés de circulation. Elle s’inscrit dans un changement de mode de vie plus large.

Le télétravail illustre ce basculement : 38 % des actifs y recourent désormais, contre 14 % en 2015. La crise économique, les contraintes budgétaires des ménages, le commerce en ligne ou la téléformation réduisent aussi certains déplacements qui semblaient autrefois automatiques.

Cette lecture impose une limite : l’enquête ne prouve pas que chaque habitant a adopté volontairement des modes plus sobres. Elle montre plutôt une combinaison de facteurs, entre choix individuels, offre de transport, coût de la mobilité et transformation des usages.

Les futurs arbitrages vont se jouer sur les trajets courts

Les résultats arrivent alors que les collectivités doivent hiérarchiser leurs investissements : transports collectifs, aménagements cyclables, espace public, sécurité des piétons, alternatives à la voiture individuelle et desserte des territoires moins denses.

Les transports collectifs gagnent un point en Loire-Atlantique, de 9,5 % à 10,5 %. À Nantes Métropole, leur part reste stable à 15 %, mais leur usage progresse pour les déplacements domicile-travail.

L’enquête a aussi été réalisée avant la livraison des Grandes voies vélo, ce qui limite la lecture immédiate de leur effet. Simon Citeau souligne toutefois un enjeu central : 7 déplacements sur 10 font moins de 10 km, une distance compatible avec le vélo pour une partie des habitants, à condition que les itinéraires, les stationnements et les continuités suivent le mouvement.

Source: Nantes, ville et métropole

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Samira Leclerc

Samira Leclerc

Auteur

Journaliste locale basée à Nantes, Samira Leclerc suit les décisions métropolitaines, les mobilités, l’urbanisme et les services publics du quotidien. Elle privilégie les informations vérifiées, les comptes rendus de conseils, les échanges avec associations et habitants, et la mise en contexte des annonces officielles afin d’aider les lecteurs de halleofsport.fr à comprendre les enjeux locaux

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