277 000 femmes victimes, 7 % de plaintes : le chiffre qui a ouvert le débat à Lyon
Ce jeudi 17 septembre, la Ville de Lyon a réuni l’ensemble de ses élus pour une commission générale consacrée aux violences sexistes et sexuelles. Un format inédit, pensé comme un préalable à un futur plan d’action municipal.
Les données nationales citées lors de la séance donnent la mesure du phénomène : en 2023, 277 000 femmes majeures ont été victimes de viols, tentatives de viol et/ou agressions sexuelles en France. Seules 7 % d’entre elles déclarent avoir porté plainte. Ces deux chiffres, rapprochés, éclairent l’enjeu : la majorité des victimes ne franchit pas la porte d’un commissariat.
Face à ce constat, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a annoncé la création d’un groupe de travail transpartisan réunissant les représentants de tous les groupes politiques du conseil municipal. Objectif : construire un plan municipal de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, soumis au vote du conseil d’ici l’été 2027. Associations et institutions partenaires seront associées à la démarche.
Un fonds d’urgence et des subventions conditionnées
En attendant ce plan, la municipalité a déjà acté une première série de mesures qui viennent compléter les dispositifs existants depuis 2020.
La première concerne directement les associations. L’attribution des subventions municipales sera désormais conditionnée à la formation des cadres associatifs à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Cette exigence s’appuie sur l’expérience menée depuis 2024 dans le secteur sportif, où 90 % des clubs financés ont déjà suivi la formation obligatoire.
Deuxième mesure : la création d’un fonds municipal d’aide d’urgence aux victimes. Ce fonds doit répondre à des besoins immédiats qui freinent la mise à l’abri et la reconstruction — changement de serrure, garde d’enfants, nuits d’hôtel, déménagement en urgence ou autres dépenses directement liées à la situation de violence.
La municipalité prévoit également d’augmenter son parc d’hébergement d’urgence. Six appartements sont actuellement mis à disposition de l’association Le Mas pour héberger des femmes victimes, avec ou sans enfant. Cette capacité sera renforcée.

Ce qui existe déjà sur le terrain
Les nouvelles mesures s’inscrivent dans une politique engagée depuis 2020 autour de la prévention, de l’accueil des victimes, de la mise à l’abri, de la formation et de l’exemplarité de la collectivité.
Les dispositifs déjà actifs donnent une idée du volume traité. Trois intervenantes sociales en commissariat, cofinancées à 50 % par l’État, ont traité 1 502 situations en 2025. Les permanences d’accueil dans les mairies des 3e, 7e, 8e et 9e arrondissements, en partenariat avec VIFFIL, ont reçu 3 000 personnes la même année. Ces permanences sont gratuites, anonymes et sans rendez-vous.
Deux Maisons de justice et du droit, dans les 8e et 9e arrondissements, contribuent à l’accès aux droits et à l’aide aux victimes. Le réseau « Demandez Angela » rassemble 400 lieux sûrs formés à l’accueil et à l’écoute des personnes victimes de harcèlement ou qui ne se sentent pas en sécurité dans l’espace public.
La Maison des femmes de Lyon, ouverte en septembre 2024, propose une prise en charge pluridisciplinaire et facilite le parcours médico-judiciaire. 545 personnes y ont été orientées en 2025.
Un plan municipal attendu pour l’été 2027
Le groupe de travail transpartisan doit donc plancher sur un plan d’action municipal qui sera soumis au vote du conseil d’ici l’été 2027. D’ici là, les mesures annoncées — fonds d’urgence, conditionnement des subventions, renforcement de l’hébergement — entrent progressivement en application.
La Ville met également à disposition des outils d’information et de prévention, notamment la brochure « VSS, réagissons ! Brisons le silence » et le guide « Santé des femmes », diffusés chaque année à plusieurs milliers d’exemplaires. Un temps de sensibilisation annuel est organisé autour du 25 novembre, journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, en partenariat avec Filactions, ainsi qu’un soutien au festival « Brisons le silence ».
Source: Ville de Lyon
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Traçabilité de la source
Cet article est construit exclusivement à partir du communiqué publié par la Ville de Lyon le 17 septembre. Les chiffres, dates et dispositifs cités proviennent de cette source.
- Chiffres nationaux (277 000 victimes, 7 % de plaintes) repris tels quels depuis la source...
- Mesures annoncées (fonds d'urgence, conditionnement des subventions, hébergement) vérifiée...
- Dispositifs existants (intervenantes sociales, permanences, Maison des femmes) confirmés p...
- Échéance du plan municipal (été 2027) et création du groupe transpartisan issues du commun...
- Source
- Ville de Lyon
- Portée
- Lyon, France
- Mis à jour
- 2026-09-17 16:31
Source et verification
Signaler un problème de confiance
Envoyer un signal à la modération.
Commentaires